Chevalier Brayard – Zidrou et Porcel

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L’histoire

(résumé de l’éditeur)

« Le seigneur Brayard s’en revient de croisade, accompagné du jeune moine Rignomer. Sur leur chemin, ils croisent la route d’une adolescente, la princesse Hadiyatallah, qui se révèle être une otage en fuite. Brayard n’hésite pas un seul instant : il décide d’escorter la princesse en Orient pour la rendre à son père en échange d’une rançon, et entraîne Rignomer dans l’aventure. C’est le début d’un voyage qui s’annonce particulièrement rocambolesque… »

 

L’idée

Zidrou, on ne l’arrête plus, pour notre plus grand bonheur. Enfin, le mien en tout cas.

Ici, et comme souvent avec ce conteur d’histoires, on oscille entre humour et horreur, gaieté et noirceur, tendresse et violence. Et ce mouvement de va-et-vient vous prend aux tripes, quitte à vous donner la nausée. Attention, je ne veux absolument pas dire par là que Chevalier Brayard est à vomir. Loin s’en faut.

C’est encore le thème du grand bourru qui se prend d’affection pour un enfant et qui l’aide à retrouver les siens, d’accord (voir Raven et l’ours), mais cette fois, le contexte est différent et bien moins mignon. Autant certaines souffrances (plus psychologiques) sont exprimée assez pudiquement, les souffrances physiques, elles, sont bien visibles. Du sang, des têtes coupées, des entrailles déversées. Âmes sensibles, évitez. Pareil pour les amateurs de happy end (ça arrive rarement avec Zidrou).

J’ai quand même comme un goût de trop peu à la fin de ma lecture. On sent une profondeur chez les personnages, un passé, une background story (on me souffle qu’en français, on dit « toile de fond », bon…). On aimerait en savoir plus sur ce qui les a mené là. La fin brusque nous casse dans notre élan, mais c’est justement ce que j’aime avec Zidrou. Cette réalité qui nous revient soudain dans la tronche au moment et de la façon dont on s’y attend le moins. La vie quoi…

Finalement, on se rend compte que ce que l’auteur voulait exprimer au début n’est peut-être pas ce que l’on croyait. Au fond, dans un voyage, ne dit-on pas que ce n’est pas la destination qui compte, mais le chemin parcouru ?

Le dessin de Porcel fonctionne très bien avec cet ensemble. Les personnages ont tous une vraie « gueule » qui laisse deviner ce par quoi ils sont eux-même passé et leur donne du caractère. Zidrou et Porcel avaient déjà collaboré par le passé, notamment dans Bouffon et Les Folies Bergères en 2015.

 

Zidrou, Porcel, Chevalier Brayard, Dargaud, 2017
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Raven et l’ours – Bianca Pinheiro

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L’histoire

Raven s’est perdue. Elle ne retrouve plus ses parents et cherche sa maison. Après avoir été réveillé par cette petite fille intrépide, l’ours, contre toute attente, mais sans vraiment tergiverser, décide de l’accompagner. La première étape de leur voyage va les emmener dans une ville bien étrange…

 

L’idée

Une petite fille (ou un petit garçon, en gros un enfant) s’associant avec un bourru au grand cœur (un ours quoi, au propre comme au figuré) dans une quête initiatique, on a déjà vu. Un tas de fois.

Mais…

Au delà du fond, il y a la forme.  Le dessin tout doux lui donne des airs d’album pour la jeunesse, mais Raven et l’ours peut vraiment convenir à tous les âges. En témoigne les nombreuses références pop culture disséminées par l’auteure. Auteure qui elle-même apparaît sous la forme d’un oracle omniscient, ajoutant un petit côté méta assez sympathique à l’ensemble.

Un petit bémol cependant, le volume étant en fait une compilation de planches parues en mode « feuilleton » sur le blog de Bianca Pinheiro, le tout perd un peu en fluidité et le dessin est parfois un peu inégal. Notons toutefois quelques jolies trouvailles scénaristiques.

Raven et l’ours aura vraisemblablement un tome 2. J’espère qu’il permettra d’en apprendre un peu plus sur les deux personnages principaux. La petite Raven est en effet bien mystérieuse, on ne sait pas d’où elle vient, ni d’où lui viennent ses étranges pouvoirs… Quant à l’ours, on pourrait se demander pourquoi il a décidé si promptement d’aider la fillette alors que rien ne l’y forçait. Juste par empathie ? On voit qu’il fait un effort pour s’occuper d’elle mais n’est pas forcément très doué. J’attends donc la suite !

PINHEIRO, Bianca, Raven & l’ours. Volume 1, Saint-Avertin, la Boîte à bulles, 2017.